Télévision 3D : plaisir ou triple menace pour la santé ?

Surfant sur le succès d’Avatar, la troisième dimension va bientôt s’inviter dans nos salons. Nos téléviseurs vont en effet vivre une nouvelle révolution pour le plaisir de nos yeux. Pourtant, ce loisir semble aussi être la raison de nombreux maux. 
Comment alors rendre compatibles plaisir et santé ?
 

La 3D révolutionne le marché de la télévision


Ne nous voilons pas la face : la télévision devient l’objet fétiche de nos salons. Écrans larges, ultraplats, baisse des prix… elle a plus d’un atout dans son sac. Les ventes de téléviseurs ont d’ailleurs atteint le chiffre record de 7,3 millions l’année dernière*. Et les fabricants semblent ne pas vouloir en rester là puisque,  cette année, une nouvelle révolution devrait arriver face à nos canapés : la télévision va en effet bientôt explorer les possibles du relief. Le spectateur plongera ainsi dans l’univers de la troisième dimension comme il l’a fait avec plaisir pour le film Avatar.
Avec cette nouvelle technologie, les fabricants tiennent à conserver une place de choix dans le cœur des consommateurs français. Ainsi avec la 3D, ce nouveau type d’appareil pourrait représenter 10 % du marché à la fin de cette année.
 

Alors faudra-t-il regarder la télévision avec des lunettes ? Rassurez-vous : les lunettes distribuées aujourd’hui n’ont rien à voir avec les équipements d’antan. Les verres rouges et bleus ont été remplacés par des équipements sophistiqués : ils filtrent, par exemple, des dizaines d’images par seconde avec des obturateurs à cristaux liquides pilotés par infrarouge ! Mais d’autres constructeurs se lancent sur des téléviseurs sans lunettes grâce à une technologie adaptée. Et l’holographie serait même en préparation…
 

La vision 3D est-elle bonne pour la santé ?


Alors que le produit n’est pas commercialisé, il est difficile de connaître les impacts de la vision en relief sur la santé. D’ores et déjà la technologie 3D remportant un vif succès en salles de cinéma (notamment à l’étranger où de nombreux films ont été diffusés), certaines réserves ont déjà été émises sur les personnes souffrant de maux de tête ou de fatigue visuelle. De même des téléspectateurs ne pourront percevoir les effets en cas de strabisme ou si elles ne voient que d’un œil, par exemple. Et les individus myopes ou astigmates devront toujours porter leurs verres correctifs en plus des lunettes 3D.
Mais une neuro-ophtalmologiste de Montréal, Francine Mathieu-Millaire, nous rassure : « Les lunettes 3D ne sont pas dangereuses pour les yeux, ni nuisibles à la longue. Il n’y a pas de rayons X ou de radiations dangereuses. »
 

L’effet sur la santé plus indirect est sans doute à craindre du côté de la sédentarité. Avec cette nouvelle technique, ne serons-nous pas tentés de rester plus longtemps dans notre fauteuil ? Et chaque heure supplémentaire est une menace pour notre santé.
Une étude** publiée en janvier dernier révèle en effet que chaque heure passée  devant le petit écran augmenterait de 18 % les risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire.
Cette conclusion, issue d’une expérience qui a duré plus de six ans sur 8 800 adultes, prouve que ce ne sont pas les programmes, mais bien le fait de regarder la télévision qui provoque cet effet : laisser ses muscles immobiles, c’est en effet les empêcher d’assimiler sucres et graisses.
Un fléau qui nous touche tous : un Français passe trois heures et vingt-quatre minutes chaque jour devant le petit écran, tandis qu’un Américain en consommera huit heures quotidiennement.

Mais regarder la télévision est aussi, ne l’oublions pas, un excellent moyen de stimuler le cerveau : c’est d’ailleurs un outil pédagogique utilisé régulièrement en milieu scolaire. Et le plaisir de la détente qu’apporte le petit écran n’est pas anodin. Alors quelle solution ? La première est sans doute de savoir rester raisonnable : conserver une activité sportive pour compenser l’immobilité demeure le meilleur conseil !


* Source : La Tribune du 26 janvier 2010.
** Étude publiée le lundi 11 janvier 2010 dans le journal de l’American heart institute.