Rougeole : attention danger !

Une épidémie de rougeole sévit en France depuis 2008. En cause : une couverture vaccinale insuffisante. Les autorités sanitaires se mobilisent et rappellent que le vaccin est l’unique moyen de prévention contre une maladie qui, si elle est souvent bénigne, est parfois à l’origine de séquelles neurologiques gravissimes, voire fatales…

La France en pleine épidémie


Elle fait partie de ces maladies qu’on croyait disparues. De ces maladies terrifiantes qui touchaient les enfants en bas âge et qui, par le miracle de la vaccination, étaient devenues insignifiantes dans nos pays dotés de systèmes de soins bien organisés. Et pourtant… Le virus de la rougeole sévit à nouveau en France. Les chiffres de l’Institut de veille sanitaire (InVS) sont formels. Alors qu’en 2007 une quarantaine de cas avaient été recensés, les déclarations ont explosé depuis et près de 15 000 cas ont été rapportés depuis 2008… 6 400 cas pour le premier trimestre cette année, dont 3 000 sur le seul mois de mars ! 
 

Le vaccin, seule arme contre la rougeole


Comment l’épidémie a-t-elle pu reprendre ? Les enfants sont trop peu vaccinés contre la rougeole. Le virus de la rougeole a ainsi profité de notre baisse de vigilance, ainsi que des polémiques liées aux éventuels dangers de la vaccination. Pourtant, le vaccin rougeole, oreillons, rubéole (ROR) ne contient ni adjuvant, ni mercure, ni aluminium. Alors qu’il devrait, selon les directives de 2005, couvrir 95 % de la population, ce vaccin ne concerne que 87 % des enfants de 2 ans. Et 1 300 000 personnes âgées de 6 ans à 29 ans ne sont pas immunisées aujourd’hui*. Face à la gravité de la maladie, une seule arme : le vaccin reste à ce jour le seul moyen de lutter contre la rougeole et ses complications dramatiques. 
 

Maladie bénigne, sauf complications graves…


Car la rougeole est une maladie très contagieuse, qui se transmet aisément par les postillons. Un malade peut contaminer jusqu’à vingt personnes. Après une phase d’incubation de 10 à 12 jours, les premiers signes ressemblent à un gros rhume : le nez coule, les yeux pleurent, la fièvre apparaît : c’est la phase d’invasion. Apparaissent alors des plaques rouges caractéristiques qui progressent du haut vers le bas du corps. Pour la plupart des gens, tout est fini au bout d’une semaine, avec éventuellement une diarrhée ou une otite sans conséquence.
Malheureusement, certaines personnes développent des complications beaucoup plus graves, comme : 
- la pneumonie virale ou bactérienne (1 à 6 % des cas) ; 
- l’encéphalite aiguë plus rare (0,5 à 1 ‰), qui survient une à deux semaines après l’éruption cutanée et laisse des séquelles neurologiques sévères ou provoque le décès ; 
- la panencéphalite subaiguë sclérosante (1 cas pour 100 000) qui peut se développer plusieurs années après l’infection et causer un handicap mental irréversible.

Ainsi, selon l’Express, sur les 5 000 cas déclarés, un tiers ont été hospitalisés l’année dernière… Il est donc urgent de vérifier que nous et nos enfants sommes bien à jour.

*L’Express du 27 avril 2011


Schéma vaccinal


– Jeunes enfants : une dose du vaccin ROR à 12 mois et une 2e dose entre 13 et 24 mois (9 mois et 12-15 mois si gardés en collectivité).
– Sujets nés depuis 1992 et âgés de plus de 2 ans : vaccination de rattrapage (deux doses s’ils n’en ont jamais reçu, une dose s’ils en ont reçu une).
– Sujets nés entre 1980 et 1991 n’ayant jamais été vaccinés contre la rougeole : une dose.
– Personnes à risque (voyageurs se rendant dans une zone à risque, professionnels de santé, personnels en charge de la petite enfance) : mise à jour du calendrier vaccinal pour les personnes nées après 1980, une dose pour les personnes nées avant 1980, non vaccinées, sans antécédents de rougeole.