Maladies chroniques, un fléau à endiguer d’urgence

À l’origine de 60 % des décès, les maladies chroniques sont la toute première cause de mortalité dans le monde. Longtemps négligées, elles font aujourd’hui l’objet d’un plan de santé au niveau national visant à améliorer la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes.


Des formes très diverses


Le terme de maladie chronique est générique. Pas étonnant alors qu’il englobe des affections très variées. Derrière ce vocable sont regroupées les pathologies de plus de 15 millions de Français, définies par la nécessité d’une prise en charge durant plusieurs années. Cancer, sida, diabète, asthme, cardiopathies font partie des cas les plus à risques, c’est-à-dire pouvant entraîner la mort. À cette première série s’ajoutent d’autres maladies plus ou moins invalidantes, aux épisodes parfois fatals, telles que la mucoviscidose, les maladies de Crohn et de Parkinson, la psychose, l’épilepsie ou la sclérose en plaques. On recense aussi des maux plus connus comme la cécité chronique, la baisse de l’acuité visuelle ou auditive ou les problèmes bucco-dentaires génétiques.

 

Influence des facteurs environnementaux


Cette liste malheureusement non exhaustive évolue encore. En cause : les habitudes de fonctionnement de notre société. Depuis quelques années, outre le s maladies atteignant l’identité même du patient comme celle d’Alzheimer, on assiste à une montée en flèche de l’hypercholestérolémie entraînée par une alimentation déséquilibrée, du tabagisme et de l’hypertension artérielle due au stress. Sachant qu’actuellement dans le monde, plus d’un milliard de personnes présente une surcharge pondérale, on a tout lieu d’être inquiet pour l’avenir. Si leurs facteurs de risques, on le voit, ne sont pas les mêmes, la constante chez tous les patients atteints reste unique : une vie quotidienne affectée, voire bouleversée, dans ses relations sociales, professionnelles, familiales et même affectives, pour eux comme pour leur entourage.
 

Un problème de santé publique


Face à l'ampleur du phénomène, une loi de santé publique a vu le jour. Datée du 9 août 2004, elle s'inscrit dans un plan national d'amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques. Ainsi, les 20 % de Français concernés  par ces pathologies bénéficient d'une prise en charge presque totale de leurs frais de santé, selon certaines conditions. Près de la moitié d'entre eux est actuellement couverte à 100 %. Plus globalement, ce plan vise plusieurs objectifs à moyen terme. Il cherche à aider le patient à mieux connaître et gérer sa maladie et ses conséquences sur sa qualité de vie, ainsi qu’à faciliter sa vie quotidienne. Enfin, la mesure vise à l’élargissement de la prévention : visites médicales gratuites en milieu scolaire, mammographies proposées à partir de cinquante ans, campagnes pour une vie plus saine, etc. À cela, il convient de ne pas négliger le rôle prépondérant du médecin traitant qui, du diagnostic à la gestion d’une pathologie chronique, entre dans un processus de coordination du personnel de santé dont le but premier est de rendre la vie de ces malades moins pénible.