Faut-il avoir peur de se faire refaire les seins ?

Arborer une poitrine avantageuse : un rêve pour beaucoup de femmes ! D’autres sont mues par le désir de retrouver une silhouette féminine après un cancer du sein. Motivation esthétique ou reconstruction : elles sont de plus en plus nombreuses à recourir à la chirurgie esthétique mammaire. Mais le scandale des prothèses mammaires défectueuses inquiète toujours… Questions réponses.

 

À quoi sert la chirurgie mammaire ?

Objet de désir et de fantasme, une poitrine opulente fait partie de l’idéal féminin dans l’imaginaire collectif. Des seins fermes et généreux signent la bonne santé et la fertilité de la femme à l’inconscient. Chacune se fait sa propre idée du volume idéal, en fonction de son vécu, des standards véhiculés par les médias, etc. Que cette représentation mentale ne soit pas conforme à l’image que renvoie le miroir, ou aux attentes (exprimées ou ressenties) du partenaire, et la femme se sent complexée, mal dans sa peau et dans sa tête. La chirurgie d’augmentation mammaire apparaît alors comme le recours miraculeux qui permettra d’aimer son corps, de gagner en confiance et d’améliorer son pouvoir de séduction.

Pour les femmes ayant subi une ablation du sein dans le cadre du traitement d’une tumeur, la mise en place d’implants mammaires tient lieu de chirurgie réparatrice plus que de chirurgie esthétique. Elle est d’ailleurs prise en charge à ce titre par la Sécurité sociale et tient une place à part entière dans le traitement. La mastectomie est souvent vécue comme une mutilation, qui ampute la femme d’une partie de son identité. Retrouver sa silhouette, c’est reconstruire son féminin mis à mal par le cancer.

 

Quels implants ?

Pour augmenter ou remplacer le volume des seins, le principe est d’introduire une poche souple remplie de sérum physiologique ou de gel de silicone. La forme, ronde ou anatomique (en goutte d’eau), ainsi que la taille des implants, sont choisis en concertation avec le chirurgien. Les produits autorisés ont fait la preuve de leur innocuité et ne présentent aucun effet cancérigène. Le sérum physiologique apparaît comme plus « naturel » et inoffensif. En cas de rupture, il est absorbé par le corps. Seul bémol : il forme parfois des vagues visibles sous la peau, contrairement au gel de silicone qui est plus visqueux. Toutefois l’actualité relative à l’escroquerie de la société PIP a relancé le débat sur la toxicité du gel de silicone en cas de rupture de l’implant.

 

Quelle intervention ?

Le chirurgien positionne l’implant en arrière de la glande mammaire, selon les cas en avant ou en arrière du muscle pectoral. Pour cela, il pratique une incision au niveau de l’aisselle, du sillon mammaire (sous le sein) ou en bordure de l’aréole. Les implants au sérum physiologique sont équipés d’une valve qui permet de les remplir pendant la pose. L’intervention dure de 1 à 2 heures (la pose d’implant après mastectomie étant plus délicate) ; l’hospitalisation ne dépasse pas 48 heures, l’arrêt de travail 8 à 10 jours.

Les complications restent rares, mais peuvent survenir, comme dans tout acte médical invasif. La complication la plus fréquente est la contracture capsulaire, qui correspond à la formation d’une coque fibreuse, rigide (donc inesthétique) et parfois douloureuse autour de l’implant. À savoir également : les implants ont une durée de vie limitée, estimée à environ 10 ans. Il faut donc envisager de passer plusieurs fois sur la table d’opération si l’on souhaite maintenir cette nouvelle silhouette à long terme.

 

Y a-t-il des précautions ?

Il est possible de se faire poser des implants dès la fin de la puberté, lorsque les seins ont pris leur taille définitive. On peut même subir une augmentation mammaire avant une grossesse. Cependant, après l’accouchement, certaines femmes conservent des seins plus gros, tandis que d’autres perdent une taille de bonnet. La taille des implants risque donc de ne plus être adaptée à l’effet souhaité au départ.

Il est même possible d’allaiter avec des implants, bien que la lactation semble dans la plupart des cas moins importante. Une perte de sensibilité au niveau du mamelon, en particulier lorsque l’insertion des implants s’est faite par l’aréole, peut altérer la réponse nerveuse complexe qui régule la production de lait après stimulation par la bouche du bébé.

Enfin, il peut être interdit de pratiquer un sport violent avec des implants mammaires ; ils pourraient en effet se rompre lors d’un choc.